Tu es travel planner indépendant depuis quelques mois ou années, ton activité commence à prendre forme, et la question de collaborer avec d‘autres professionnels du tourisme vient à se poser. Une agence te contacte, un partenaire te propose une mission en duo, une entreprise sollicite tes services, un collectif t’invite à rejoindre son équipe… Tu es super enthousiasme et c’est normal, mais attention, c’est aussi le moment où il faut être particulièrement vigilant.
Le secteur du tourisme, surtout en freelance, c’est un écosystème avec ses propres règles, ses opportunités réelles, et ses pièges bien réels aussi. Et en tant que travel planner indépendant, ta situation est un peu particulière dans ce paysage. Tu n’es pas un commercial multi-marques, tu n’es pas un « consultant en tourisme« , tu n’es pas un agent de voyage. Tu as un positionnement spécifique, un cadre légal précis, et une image de marque à protéger.
Et c’est pour t’aider à faire au mieux que dans cet article, je te partage mes bonnes pratiques pour aborder les collaborations avec des agences ou d’autres pros du secteur, et surtout ce qu’il faut absolument vérifier selon moi avant de dire oui à une proposition de collaboration.
Être freelance dans le domaine du tourisme
Les différents profils de freelances dans le secteur
Être indépendant dans le secteur du tourisme, ça recouvre des réalités très différentes selon les profils et les compétences.
Dans le domaine, tu vas croiser plusieurs types d’indépendants :
- Les commerciaux multi-marques d’abord. Ce sont eux qui représentent le profil freelance le plus répandu dans le tourisme à l’heure actuelle. Leur mission : représenter plusieurs tours opérateurs auprès des agences de voyages, animer la saison commerciale, entretenir la relation avec les agences partenaires et les stimuler à vendre leurs produits plutôt que ceux d’un concurrent. C’est un métier très orienté terrain, très vente, avec une forte dimension relationnelle et beaucoup de déplacements.
- Tu as aussi les freelances spécialisés sur des métiers du digital et de la communication mais spécialisés pour le tourisme : rédacteurs web, responsables marketing, consultants SEO, chefs de projet digital… Des profils qui interviennent en mission auprès d’agences, d’hôtels, d’offices de tourisme ou de plateformes touristiques.
- Et puis il y a les travel planners indépendants. Un profil à part, avec un modèle économique et un cadre légal qui lui sont propres.
La place du travel planner indépendant dans cet écosystème
Comme tu le sais certainement, le travel planner indépendant n’est pas un freelance tourisme comme les autres. Il ne représente pas de produits, il ne vend pas de voyages au sens légal du terme, il ne fait pas de réservations à la place de ses clients… Ce qu’il vend, c’est son expertise, son temps, et sa capacité à organiser des voyages qui correspondent vraiment aux envies et au budget de ses clients cibles.
C’est ce modèle particulier qui lui donne sa liberté. Et c’est aussi ce modèle qui définit les contours de ce qu’il peut ou ne peut pas faire dans le cadre d’une collaboration professionnelle. Un point sur lequel je reviens en détail un peu plus loin dans cet article, parce que c’est souvent là que les choses se compliquent.
Collaborer avec une agence quand on est travel planner : bonne idée ou piège ?
Ce que ça peut apporter concrètement
Collaborer avec une agence ou un autre professionnel du tourisme peut avoir du sens à certaines étapes de ton développement. Ça peut t’apporter de la visibilité, des clients que tu n’aurais pas touchés seul, et une légitimité supplémentaire dans un secteur où le réseau compte énormément.
Pour trouver des travel planners freelances avec qui collaborer, les professionnels du tourisme passent souvent par LinkedIn.
C’est la plateforme la plus utilisée dans le secteur pour ce type de mise en relation. Avant d’accepter une collaboration, ça me paraît opportun de consulter le site du travel planner pour vérifier le cadre légal de son activité, ses avis clients, et ses réseaux sociaux pour comprendre son univers et sa vision du voyage. Et dans l’autre sens, en tant que TP, tu as tout intérêt à faire la même vérification sur les partenaires qui te sollicitent et c’est souvent ce que je conseille de faire.
La situation parfois tendue entre agences et Travel Planners
J’avais envie d’abord rapidement ce point parce que c’est une réalité du secteur qu’on n’aborde pas souvent : la relation entre les agences de voyages traditionnelles et les travel planners indépendants est parfois compliquée.
Certaines agences voient les travel planners comme des concurrents directs. D’autres ont du mal à comprendre le modèle et les limites légales de ce que le Travel Planner peut faire. Et quelques-unes cherchent à utiliser les compétences de Travel Planners sans respecter ni leur rémunération ni leur cadre d’exercice.
Ce n’est, bien sûr, pas une raison pour refuser toute collaboration. Mais c’est important de bien vérifier à qui tu as affaire avant de t’engager afin de t’éviter de potentielles déconvenues.
Ma checklist avant de signer une collaboration
C’est la partie que j’aurais aimé avoir quand j’ai commencé mon activité de Travel Planner indépendante, avant de devenir formatrice pour les TP. Les points que je conseille de vérifier systématiquement avant d’accepter n’importe quelle collaboration en tant que travel planner freelance dans le tourisme.
Les points à absolument vérifier
- Une collaboration formalisée sans contrat, on passe son chemin. Se taper dans la main, c’est sympathique, mais ce n’est pas ce que j’appelle collaborer. Un contrat écrit protège les deux parties et pose les bases d’une relation professionnelle sérieuse. Si ton interlocuteur rechigne à mettre les choses par écrit, c’est déjà une information.
- La clarté sur la rémunération : combien, pour quelle prestation, et dans quels délais. Ces trois questions doivent avoir des réponses précises avant de démarrer quoi que ce soit. Un apport d’affaires simple, où tu mets en relation un client avec le prestataire sans intervenir davantage, ne se rémunère pas comme une collaboration opérationnelle complète avec livraison d’un projet client. Et aucune rémunération ne devrait être versée après le retour des clients. Si ton partenaire te propose des délais de paiement qui vont au-delà du voyage, c’est un signal d’alarme auquel tu dois être vigilant.
- La liberté de facturation. En tant que travel planner indépendant, tu dois rester libre de facturer au plus juste. Si ton partenaire cherche à avoir son mot à dire sur tes tarifs ou à contrôler ta facturation, ce n’est plus une collaboration, c’est un rapport de subordination déguisé. Et ça, c’est non. Parce que d’une part on n’est pas là pour manger des cailloux, mais aussi parce que si tu as fait le choix d’être ton propre chef d’entreprise, ce n’est pas pour donner le pilotage de ton activité à quelqu’un d’autre.
- L’alignement sur les valeurs et l’éthique de travail. Tu vas adosser ton image de marque à celle de ton partenaire. Est-ce que ses valeurs, sa façon de travailler, et sa vision du voyage sont compatibles avec les tiennes ? Un partenariat qui te fait compromettre ton positionnement ou ta façon d’accompagner tes clients n’en vaut pas la peine, quelle que soit la rémunération proposée. Crois-moi, les dégâts potentiels ne valent pas la mission en question.
- Le respect du cadre légal de ton activité. Sur ce point, je suis intransigeante. Même en collaboration avec une agence, un travel planner ne peut pas toucher à la partie réservation ni au back office. Si une collaboration te demande de sortir de ton cadre légal d’exercice, tu refuses. Point.
- Un partenaire qui refuse de mettre quoi que ce soit par écrit, c’est non.
- Une rémunération floue ou conditionnée au retour des clients, c’est non.
- Des attentes qui empiètent sur ton cadre légal d’exercice, c’est non.
- Un alignement de valeurs inexistant, c’est non.
- Une pression pour brader tes tarifs ou modifier ta façon de facturer, c’est non.
Les collectifs de freelances tourisme : une alternative à ta recherche ?
Les collectifs d’indépendants dans le tourisme existent, mais ils sont moins répandus qu’on pourrait le croire. Il n’existe pas à ce jour de collectif dédié spécifiquement aux travel planners indépendants. Tu vas peut-être trouver quelques structures qui regroupent d’anciens agents de voyage et quelques Travel Planners, mais qui fonctionnent plutôt comme des coopératives : elles donnent accès à des outils ou des plateformes de réservation, mais chacun gère son business et sa stratégie de façon autonome.
Les collectifs les plus structurés dans le secteur sont plutôt positionnés sur des métiers hors vente directe : communication, marketing, formation, production, RH. C’est le cas d’Away We Go par exemple, un collectif de freelances spécialisés dans le tourisme sur ces différentes expertises.
Petit rappel au passage : si l’idée d’intégrer un collectif t’attire, les mêmes règles s’appliquent : vérifier le contrat, la rémunération, la liberté de facturation, et l’alignement de valeurs. La forme collective ne change pas les fondamentaux d’une collaboration professionnelle saine.
Développer ses collaborations, ça se prépare !
Tu l’auras donc compris, collaborer avec des agences et des pros du tourisme, ça peut être une vraie opportunité de développement, à condition d’aborder ces collaborations avec la bonne stratégie et les bons outils. Et ça commence par avoir une vision claire de ta gestion client et de ton parcours prospect. Parce qu’une collaboration qui t’amène de nouveaux clients ou de nouveaux partenaires, ça ne sert à rien si tu n’as pas de système en place pour les accueillir, les suivre, et les convertir efficacement.
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