Que faire après un BTS tourisme ? Métiers, études et vraies opportunités dans le secteur

Que faire après un bts tourisme

Le secteur du tourisme fait toujours autant rêver. Les voyages, les destinations lointaines, le contact avec les clients, l’idée de construire des expériences qui marquent vraiment… Sur le papier, c’est un domaine qui fait vibrer. Et forcément, quand vient le moment de choisir ses études, beaucoup d’étudiants se retrouvent attirés par cette voie. Parfois par passion, parfois parce que ça semble moins austère que d’autres formations, et parfois un peu par défaut, sans vraiment savoir ce qu’on va en faire concrètement.

 

Sauf que voilà ce qu’on ne te dit jamais vraiment quand tu t’inscris en BTS tourisme : c’est une formation reconnue certes, un diplôme solide sur le papier, qui t’ouvre des portes dans le secteur du tourisme. Mais c’est aussi une formation qui n’a pas franchement évolué depuis des années selon moi, qui reste très théorique dans son approche, et qui te prépare davantage à cocher des cases dans un référentiel qu’à exercer un vrai métier du tourisme dans le monde tel qu’il est aujourd’hui… Oui, on parle cash ici. Mais je t’explique tout le contexte et mon point de vue dans cet article pour affiner ta réflexion et ton potentiel projet de formation.

Pourquoi le BTS tourisme attire autant aujourd'hui

Si le BTS tourisme fait partie des formations les plus connues du secteur, c’est pas vraiment par hasard. Le tourisme, c’est l’un des rares domaines où la frontière entre passion et métier semble presque naturelle. On aime voyager, on aime le contact avec les gens, et un beau jour on se dit : « et si j’en faisais mon métier ? » C’est exactement comme ça que naît la vocation de beaucoup d’étudiants qui poussent la porte d’un BTS tourisme chaque année.

 

Et le secteur a de quoi attirer : premier employeur mondial, débouchés dans les agences de voyages, les offices de tourisme, les compagnies aériennes, l’hôtellerie, les loisirs… Le BTS s’impose naturellement comme LA porte d’entrée. C’est un diplôme que tout le monde connaît, que les recruteurs reconnaissent, et qui rassure. Et ça, c’est loin d’être anodin.

 

Qu'est-ce que le BTS tourisme ?

Le BTS tourisme, c’est un Brevet de Technicien Supérieur, un diplôme de niveau bac+2 préparé en deux ans après le bac. À la clé : un diplôme national reconnu par l’État, avec une vraie légitimité sur le marché du travail.

 

L’objectif affiché : former des professionnels capables d’exercer dans différents secteurs de l’industrie touristique. Vente de voyages, accueil, gestion de prestations, conseil aux clients… En théorie, c’est solide. En pratique, on en reparle juste après.

Le programme et les compétences développées

Le contenu d’un BTS tourisme, c’est deux ans plutôt denses. Au programme :

 

  • Géographie et culture touristique : destinations, sites incontournables, grands flux touristiques
  • Techniques de vente : conseil client, construction d’offres, outils de réservation professionnels type GDS
  • Gestion et marketing : rentabilité d’une offre, analyse de marché, stratégie commerciale
  • Droit du tourisme : réglementation, contrats de voyages, responsabilités
  • Langues étrangères : l’anglais en priorité, souvent une deuxième langue
  • Stages en entreprise : agences de voyages, offices de tourisme, hôtellerie, loisirs…

Ça couvre large, et la formation te donne une vraie culture du secteur. Mais soyons honnêtes : c’est une formation très scolaire, qui te prépare à comprendre le tourisme, pas forcément à y exercer un métier de façon autonome dès ta sortie. Les outils numériques, les nouvelles attentes clients, les nouveaux modèles économiques… c’est pas toujours au cœur du programme. Et cet écart-là, crois-moi, il finit par se ressentir…

À qui s'adresse cette formation ?

À beaucoup de monde, et c’est à la fois sa force et sa limite.

 

Les étudiants en sortie de bac : tu aimes le voyage et le contact humain, tu veux intégrer le secteur touristique sans t’engager dans des études très longues. Le BTS tourisme est fait pour toi.

 

Les adultes en reconversion : de plus en plus nombreux à regarder du côté du tourisme pour redonner du sens à leur carrière. Le BTS peut être une option via la formation continue ou le CPF. Mais je vais être franche : si ton objectif c’est de créer ton activité ou travailler en indépendant, cette formation risque de te laisser sur ta faim. Je dirais qu’elle prépare à intégrer une structure, pas à en construire une.

 

Ceux qui veulent poursuivre leurs études : bachelor tourisme, licence professionnelle, master… Le BTS prend alors tout son sens comme première brique d’un parcours plus long.

 

Ce qu’il ne te donnera pas, en revanche, c’est une vision vraiment opérationnelle des métiers du tourisme tels qu’ils existent aujourd’hui. Ni les clés pour te lancer à ton compte. Mais on y reviendra.

Que faire après un BTS tourisme : les métiers accessibles

C’est LA question. Celle qu’on se pose tous une fois le diplôme en poche, et à laquelle on a rarement une réponse vraiment satisfaisante pendant la formation elle-même.

 

Les métiers existent, le secteur recrute, et ton diplôme te permet d’intégrer plusieurs types de structures. Mais « accessible » ne veut pas dire « bien payé », ni « stable », ni « épanouissant sur le long terme ». Et dans un secteur qui a pris une claque monumentale en 2020, ça mérite d’être analysé.

 

Voilà les postes vers lesquels un BTS tourisme te dirige le plus souvent :

Agent de voyage : le cœur du secteur

C’est le débouché le plus connu, le plus cité, et souvent le plus attendu quand on sort d’un BTS tourisme. L’agent de voyage, c’est un peu la figure emblématique du secteur. Celui ou celle qu’on imagine derrière un comptoir d’agence, entouré de brochures colorées, à construire le séjour de rêve de ses clients. La réalité est un peu plus nuancée, mais le métier reste central dans le domaine du tourisme.

 

Ce que beaucoup ne savent pas, c’est que le métier recouvre en réalité deux réalités assez différentes selon le contexte dans lequel tu travailles.

 

  • En B2C, tu accompagnes directement des particuliers dans l’organisation de leurs séjours : réservations, conseils sur les destinations, construction des dossiers, suivi client. C’est le poste le plus classique, celui qu’on retrouve en agence ou dans les centres d’appels de grands réseaux comme Fram, Nouvelles Frontières ou Voyageurs du Monde.
  • En B2B, le quotidien est plus technique. Tu ne travailles plus avec des particuliers, mais avec d’autres professionnels du secteur : agences indépendantes, tour-opérateurs partenaires, qui ont besoin d’informations sur les produits, les tarifs ou les disponibilités. Un agent chez Fram peut par exemple être contacté par une agence partenaire pour finaliser une réservation complexe ou obtenir des précisions sur une offre spécifique. C’est moins orienté vente directe, plus orienté expertise et support.

Dans les deux cas, le constat est le même : le salaire reste aligné sur un niveau bac+2, même avec de l’expérience. C’est une réalité du secteur qu’il vaut mieux connaître avant de s’engager.

Côté marché du travail : les agences de voyages traditionnelles ont beaucoup souffert de la montée en puissance des plateformes de réservation en ligne. Beaucoup ont fermé, d’autres ont pivoté vers le sur-mesure et le haut de gamme pour se différencier.

Les opportunités existent encore, mais le profil recherché a évolué.

On ne cherche plus juste quelqu’un qui sait utiliser un logiciel de réservation : on cherche un vrai conseiller, capable d’apporter une expertise et une valeur ajoutée que les sites internet ne peuvent pas offrir. Et ça, il faut bien reconnaître que c’est difficile à prouver quand on sort tout juste de ses études…

Les autres postes "classiques" dans le tourisme

L’agent de voyage, c’est loin d’être le seul débouché après un BTS tourisme. Le secteur touristique est large, et les postes opérationnels accessibles avec ce diplôme sont variés :

 

Commercial terrain : un métier qui demande de la mobilité et un vrai tempérament commercial. Et là encore, il faut distinguer deux réalités assez différentes.

  • Le commercial intégré représente une seule marque et présente ses produits aux agences partenaires. Un commercial Fram, par exemple, passe ses journées en déplacement pour rencontrer les agences et leur présenter les nouveautés de la saison.
  • Le commercial multimarque représente plusieurs marques simultanément et propose leurs offres aux agences. Plus de flexibilité, mais aussi plus de complexité dans le discours commercial.

Dans les deux cas, c’est un poste terrain, avec ce que ça implique de déplacements réguliers et d’autonomie dans l’organisation du quotidien.

 

Hôte à destination : ces professionnels accueillent et accompagnent les clients sur place, que ce soit dans des clubs, des hôtels ou sur des croisières. Club Med, TUI… c’est ce type de structures qui recrutent sur ces postes. Le BTS tourisme donne une bonne base, mais une maîtrise des langues et une expérience terrain sont souvent attendues. Et comme évoqué plus tôt : c’est majoritairement saisonnier, ce qui implique une vraie instabilité à prendre en compte…

Poursuivre ses études après un BTS tourisme

Le BTS tourisme, c’est un bac+2. Solide comme point de départ, mais pas toujours suffisant pour accéder aux postes qui font vraiment envie quand on imagine sa carrière. Beaucoup de diplômés choisissent de poursuivre leurs études pour se spécialiser, monter en compétences, ou simplement ouvrir plus de portes. Voici quelques options possibles :

Le bachelor tourisme

C’est la suite la plus directe après un BTS. Le bachelor tourisme te permet de te spécialiser un peu plus, d’acquérir des compétences en management et en stratégie commerciale, et d’accéder à des postes à responsabilité plus rapidement.

Attention cependant au coût de ces formations, qui peuvent être élevées selon les établissements.

La licence professionnelle tourisme

C’est l’option publique du bac+3, souvent accessible en alternance. Elle permet de se spécialiser sur un segment précis : production touristique, management d’hébergements, organisation d’événements, tourisme durable…

C’est une formation très appréciée des recruteurs car elle combine théorie et expérience terrain. Et contrairement au bachelor, le coût reste plus accessible.

Le master tourisme

Pour ceux qui visent des postes de cadre, de direction ou de chef de produit, le master est souvent incontournable. En deux ans après la licence, il te donne une vision stratégique du secteur, des compétences en gestion et en marketing touristique, et une vraie crédibilité sur le marché du travail. C’est aussi la voie pour ceux qui envisagent de travailler à l’international ou dans des structures de taille importante.

Les spécialisations possibles dans le secteur

Comme je te l’ai expliqué plus haut, le BTS tourisme est généraliste par nature.

Pour se démarquer vraiment, la spécialisation est souvent la clé. Voici quelques pistes à explorer selon tes envies et ton profil :

 

  • Tourisme durable et solidaire : des licences et masters existent spécifiquement sur ces enjeux, de plus en plus recherchés par les acteurs du secteur.
  • Guidage et accompagnement : des formations spécifiques existent pour devenir guide-conférencier ou responsable d’accueil à destination.
  • Management hôtelier : pour ceux qui veulent évoluer vers la gestion d’hébergements touristiques.
  • Événementiel et tourisme d’affaires : licences et bachelors spécialisés dans le MICE (Meetings, Incentive, Conferences, Exhibitions) et l’organisation d’événements professionnels.
  • Formations commerciales courtes : pour ceux qui visent un poste de commercial terrain, des bachelors orientés vente et développement commercial peuvent faire la différence.

À noter : poursuivre ses études dans le tourisme et enrichir tes connaissances ne garantit pas automatiquement une revalorisation salariale significative, surtout si tu restes sur des postes d’agent de voyage. Donc la spécialisation prend tout son sens quand elle s’accompagne d’un vrai projet professionnel derrière, pas juste pour faire joli sur un CV…

Les opportunités d'évolution dans le secteur du tourisme

Pour enrichir et diversifier ton parcours professionnel, il n’y a pas que la spécialisation ou la reconversion. Sache que, bonne nouvelle, des évolutions dans le secteur existent en fonction de ton poste et de ton profil. Moins bonne nouvelle : elles sont plus rares et plus lentes qu’on ne l’imagine souvent en sortant de formation…

Chef d'agence

C’est l’évolution la plus naturelle pour un agent de voyage qui accumule de l’expérience. Le chef d’agence manage une équipe, gère la performance commerciale de sa structure, et assure le bon fonctionnement du point de vente au quotidien.

 

Mais soyons honnêtes : ce poste ne s’obtient ni facilement, ni rapidement. Il dépend souvent d’un départ à la retraite, d’une ouverture de nouvelle agence, ou d’un réseau bien construit au fil des années. Sans expérience significative dans le secteur, difficile d’y prétendre. Et on l’a vu, le BTS tourisme seul ne te prépare pas à gérer une équipe ni à piloter une activité commerciale.

Chef de produit touristique

Voilà un poste qui fait souvent envie à ceux qui le connaissent : concevoir des voyages, négocier avec les prestataires, hôtels, compagnies aériennes, créer des offres qui vont faire rêver les clients… Sur le papier, c’est exactement pourquoi on s’est lancé dans le tourisme.

 

En pratique : le BTS seul ne suffit pas pour y accéder. Ce poste demande généralement une expérience terrain solide, souvent à l’étranger, et une formation complémentaire. C’est le genre de poste où quelqu’un qui a passé deux ans en agence à l’international, puis complété son parcours avec une licence ou un master, commence à être crédible aux yeux des recruteurs.

 

Ça ne veut pas dire que tout ça est inaccessible bien sûr. Ça veut dire que ça se construit, et que ça prend du temps. Et qu’il faut l’avoir en tête avant de se lancer.

Le tourisme est-il encore un secteur porteur aujourd'hui ?

Vu où tu en es de cet article, je ne vais pas tourner autour du pot. Honnêtement, oui et non.

 

Oui, parce que le tourisme reste l’un des premiers secteurs économiques mondiaux. En France, il représente environ 8% du PIB, les destinations continuent d’attirer, et les entreprises du secteur recrutent. Sur le papier, les débouchés existent.

Non, parce que le marché du travail a profondément changé. Et quelques vérités qu’on te dit rarement méritent d’être posées sur la table :

 

  • Les salaires restent bas à l’entrée. Beaucoup de postes accessibles avec un BTS tourisme démarrent autour du SMIC, dans les agences comme ailleurs. Et ça, même avec de l’expérience, ça évolue moins vite qu’on ne l’espère souvent…
  • La saisonnalité est une réalité. Une grosse partie des emplois dans le tourisme sont saisonniers. Hôte à destination, accompagnateur, animateur… Ce sont des métiers enrichissants, mais qui impliquent une vraie instabilité si tu cherches un emploi stable toute l’année.
  • Le numérique a tout bousculé. La crise de 2020 a accéléré des mutations qui étaient déjà en cours : digitalisation des services, montée en puissance des plateformes de réservation en ligne, transformation des attentes clients… Beaucoup de postes traditionnels ont disparu ou se sont profondément transformés. Les postes qui résistent sont ceux qui apportent une vraie valeur ajoutée humaine : conseil personnalisé, expertise destination, création d’expériences sur mesure.
  • Les nouvelles tendances ouvrent de nouvelles portes. Tourisme durable, slow travel, expériences locales et authentiques, voyages ultra-personnalisés… Les voyageurs d’aujourd’hui ne cherchent plus juste un billet d’avion et un hôtel. Ils cherchent quelqu’un qui comprend vraiment leurs envies et qui construit quelque chose qui leur ressemble. Et ça, c’est une opportunité réelle pour ceux qui savent se positionner.

Ce qui est sûr : le tourisme de demain ne ressemble plus vraiment au tourisme d’hier. Et les profils qui tirent leur épingle du jeu sont ceux qui ont su s’adapter, se spécialiser, ou créer leur propre voie.

Une autre voie dans le tourisme : créer sa propre activité en devenant travel planner ?

Et si la vraie opportunité après un BTS tourisme, c’était pas de chercher un poste dans une agence, mais de créer ton propre service ?

 

En tout cas, c’est exactement la voie que j’ai choisie avant de devenir formatrice. Après plus de 10 ans dans le tourisme, entre l’hôtellerie, les offices de tourisme et les agences de voyages, j’ai décidé de me lancer à mon compte en 2019 comme travel planner.

Zéro expérience en entrepreneuriat, mais une vraie expertise solide du secteur et une envie de construire quelque chose qui me ressemble.

 

À mon sens, le travel planner, c’est le métier qui répond exactement aux nouvelles attentes des voyageurs : un accompagnement sur mesure, une expertise humaine, une relation de confiance avec ses clients. Tu construis des voyages personnalisés pour des clients qui ne veulent pas gérer la logistique eux-mêmes, et qui sont prêts à payer pour un service qui leur ressemble vraiment.

 

Ce qui le différencie de l’agent de voyage classique ? Tu travailles en indépendant, tu choisis tes clients, tu construis ton propre modèle. C’est un vrai métier d’entrepreneur, avec tout ce que ça implique de liberté et de responsabilités.

Et non, tu n’as pas besoin d’un diplôme supplémentaire pour te lancer. Tu as besoin de comprendre ce que le métier implique vraiment, et de te former aux bons endroits (parce que si tu connais le secteur du tourisme, sache que créer et gérer une entreprise c’est un métier à part entière qui demande des connaissances et compétences).

Après le BTS tourisme : construire sa vraie trajectoire

Le BTS tourisme, selon moi, c’est une première brique. Une culture du secteur, un diplôme reconnu, une porte d’entrée dans un domaine attractif. Mais ce n’est pas une fin en soi, et les débouchés « classiques » ne sont pas toujours à la hauteur des attentes qu’on avait en s’inscrivant.

 

La bonne nouvelle ? Le secteur évolue, et avec lui, de vraies opportunités émergent pour ceux qui savent où regarder.

 

Si tu veux explorer le métier du travel planner, comprendre concrètement ce que ça implique au quotidien, et savoir si ça peut correspondre à ton projet, sache que j’ai créé une masterclass gratuite de 45 minutes exactement pour ça : te donner les informations dont tu as besoin pour comprendre ce métier et analyser sa pertinence par rapport à ton profil et tes aspirations.

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